Les influences littéraires étrangères dans l’œuvre de Lu Yin
L’impact des auteurs occidentaux sur l’évolution littéraire de Lu Yin
Lu Yin et la Société d’Études littéraires
Comme nous l’avons déjà noté, Lu Yin était membre de la « Société d’Études littéraires ». Ses lectures d’œuvres étrangères traduites en chinois par Lin Shu lui ont permis d’acquérir de solides connaissances dans le domaine de la littérature occidentale, indispensables pour participer aux objectifs de cette société. La Commercial Press, maison d’édition de Shanghai, a confié à la Société la responsabilité du Xiaoshuo yuebao (Le mensuel du roman).
Paul Bady, dans La littérature chinoise, écrit à ce sujet : « Jusqu’alors consacrée à une littérature de divertissement en langue classique, elle se voit désormais assigner des objectifs beaucoup plus sérieux. Par une étude méthodique des littératures étrangères, il s’agit de remettre de l’ordre dans la tradition chinoise et de créer une littérature nouvelle, qui aura pour mission d’exprimer la vie sous toutes ses formes, notamment sa dimension sociale, que l’école réaliste a imposée en Occident. »
Influence des auteurs étrangers
Dans l’article Desire and repression: Werther and modern Chinese writers (Désir et répression : Werther et les écrivains chinois), Terry Siu-Han Yip explique qu’après la traduction par Guo Moruo en 1922 du roman de Goethe Die Leiden des jungen Werthers (Les souffrances du jeune Werther), ce dernier a exercé une grande influence sur de nombreux écrivains, dont Lu Yin. Dans sa nouvelle Les souffrances d’une certaine jeunesse (Huoren de bi’ai), la protagoniste Yaxia souffre d’un amour qu’elle réprime, à l’image du jeune Werther, et peine à s’adapter au monde réel, prisonnière de son tempérament romantique et de son sens moral aigu.
Lu Yin s’inspire également d’autres auteurs étrangers, comme Henrik Ibsen (1828-1906), dont la pièce La maison de poupée connaît un grand succès parmi les jeunes intellectuels chinois de l’époque. Le poète indien Rabindranath Tagore (1861-1941) marque cette génération par son romantisme et ses questionnements métaphysiques sur la vie et la mort.
Les références littéraires dans ses œuvres
Lu Yin apprécie particulièrement le poète philosophe indien, qu’elle cite dans ses textes. Par exemple, dans sa nouvelle Père, elle fait référence à Hemnalini, l’héroïne de l’une des œuvres de Tagore intitulée Le Naufrage, en la mentionnant à deux reprises, montrant ainsi l’influence durable de la littérature étrangère sur sa création.