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Shodō · La voie du pinceau

Shodō, la voie du pinceau : de l’écriture chinoise à la tradition du geste

« La Chine a profondément influencé la culture des pays voisins. Ensemble, ils ont créé le shodo, la voie du pinceau. »

Christophe Desmur Calligraphie chinoise & Culture asiatique
Concept SHODŌ · 書道 « La voie du pinceau »

Composé du caractère sho (書, l’écrit, le tracé) et de (道, la voie, la démarche d’éveil et de discipline), le shodo incarne la recherche d’harmonie entre le corps, le souffle et le trait d’encre.

De la Chine au Japon, à la Corée et au Viêtnam

Étant donné le stade de civilisation qu’avait connu la Chine sous la dynastie des Tang aux septième, huitième et neuvième siècles, les pays alentour, comme le Japon, la Corée, le Viêtnam, étaient attirés par cette culture et cette civilisation et par la langue chinoise, les caractères chinois.

Diffusion de la culture de l’écrit en Asie orientale

Chine (dynastie Tang) Transmission des caractères Japon · Corée · Viêtnam Voies calligraphiques propres

Des traditions de calligraphie propres à chaque culture

La civilisation de l’écrit chinois s’est donc répandue dans ces différents pays. Mais chacun l’a incorporée suivant son ressenti, sa propre langue, etc. Et chacun a développé une manière de calligraphier propre.

Ils ont aussi fait entrer dans leur langue des syllabaires, des petits signes plus proches d’un alphabet, qu’ils ont mélangés aux caractères chinois. Tous emploient le pinceau, tracent des caractères chinois, mais utilisent aussi des systèmes syllabiques.

Les Vietnamiens, qui ont subi plus tôt l’influence de la Chine, ont été encore plus loin, ils ont été encore plus créatifs et ils ont inventé eux-mêmes, en plus des caractères chinois, leur propre système idéographique et pictographique pour transcrire leur langue sur le modèle du chinois. Ils ont inventé des caractères propres à leur langue, sur le modèle du chinois, le chu nom.

Shodo, la voie du pinceau — tracé spontané de caractères à l’encre de Chine
Shodō (書道), la voie du pinceau — tracé à l’encre noire sur papier blanc, où l’élan naît de la justesse du geste.

Plus qu’un art, une voie spirituelle

Les Asiatiques ont fait de la calligraphie un art non seulement pictural, mais également spirituel. C’est pour cela qu’on ne parle pas de la calligraphie comme d’une belle écriture, d’une belle forme, même si c’est aussi cela.

Les Japonais, notamment, en parlent comme d’une voie, qui consiste à écrire des caractères au pinceau. Ils appellent ça le shodo. C’est une voie d’expression de son esprit à travers la calligraphie.

Shūfǎ chinois et Shodō japonais : convergences et singularités

Shūfǎ (書法) · La tradition chinoise

Littéralement « méthode ou règle de l’écrit ». Elle met l’accent sur l’architecture du caractère, la rigueur structurelle, la mémoire des grands maîtres de la dynastie Tang et la transmission lettrée.

Shodō (書道) · La tradition japonaise

Littéralement « la voie de l’écrit ». Profondément imprégnée par le bouddhisme zen, elle privilégie l’état d’esprit intérieur, la spontanéité du trait instantané et l’harmonie entre kanjis et kanas.

À Lyon, les ateliers animés par Christophe Desmur réunissent ces deux regards : l’ancrage dans la structure des sinogrammes chinois et la présence au geste propre à la voie du pinceau.

Du silence au geste

L’immobilité et le silence

On peut bien évidemment pratiquer la calligraphie sans pratiquer le zen, c’est tout à fait beau aussi. Mais, dans la manière de faire telle que je vous l’ai montrée, on part d’un élan qui naît de l’immobilité, qui naît du zen, du calme, du silence et également du fait de ne pas entretenir quoi que ce soit, de laisser passer les pensées, de ne pas être accaparé par quoi que ce soit, mais simplement d’être concentré dans une posture.

La posture d’assise et le mudra (Hokkai jō-in)

Les jambes croisées, sur un coussin qui permet de basculer le bassin vers l’avant et d’ouvrir toute la cage thoracique. Dans cette posture, on ramène les mains, ça permet d’unifier, de centrer. C’est la posture de méditation du zen, hokkai jo in.

Christophe Desmur, calligraphe, traçant des caractères traditionnels au pinceau
Christophe Desmur, calligraphe, traçant des caractères traditionnels au pinceau.

L’élan créateur

C’est à partir de ça, et à partir de l’élan, de l’activité, que va surgir la calligraphie. Pas à partir de quelque chose de compliqué, de vouloir faire bien, ou même de vouloir faire beau ou quoi que ce soit. Simplement à partir de cet élan de vie, de cet élan du zen, de cette impulsion : le shodo, la voie du pinceau.

Transmission & Expérience

Envie d’explorer la calligraphie ?

Pour prolonger cette réflexion par l’expérience concrète de l’assise, de l’encre et du pinceau, Christophe Desmur propose des cours réguliers à Lyon adaptés à tous les niveaux.

Ateliers réguliers

Pratiquer à Lyon

Deux cadres propices au calme et à la concentration sur le plateau de la Croix-Rousse (Lyon 4e) :

Lundi soir

Dojo Zen de Lyon

11, rue Dumenge, 69004 Lyon (Croix-Rousse)
Horaire : 18 h 30 à 20 h 30

Cadre sobre, silencieux et traditionnel propice à l’immobilité et au centrage.

Mercredi matin

Boutique Miroirs du Ciel

9, rue de Belfort, 69004 Lyon (Croix-Rousse)
Horaire : 10 h 00 à 12 h 00

Atmosphère lumineuse et conviviale au cœur d’une boutique dédiée aux arts d’Asie.

Une question sur la pratique ou l’organisation ?
Repères & Pratique

Questions fréquentes sur le Shodō et la voie du pinceau

Faut-il pratiquer les arts martiaux ou le zen pour débuter le Shodō ?

Non, aucune pratique préalable n’est nécessaire. Bien que le Shodō partage avec les arts martiaux (Budō) le sens de la posture, de la verticalité et de la respiration ventrale, l’apprentissage au pinceau est doux et accessible à toute personne curieuse de découvrir cet art du trait.

Trace-t-on des caractères chinois ou des caractères japonais ?

Historiquement, le Shodō s’est constitué par l’apprentissage des caractères chinois (nommés kanji au Japon). Durant les cours à Lyon, vous étudiez les idéogrammes traditionnels fondamentaux et leurs styles classiques, qui constituent la matrice commune à toute la calligraphie d’Asie orientale.

Où et quand pratiquer le Shodō à Lyon ?

La pratique a lieu chaque semaine à la Croix-Rousse : le lundi soir de 18 h 30 à 20 h 30 au Dojo Zen de Lyon (11, rue Dumenge) et le mercredi matin de 10 h 00 à 12 h 00 chez Miroirs du Ciel (9, rue de Belfort). Une première séance d’essai sans engagement est proposée.